Grandes invasions

Bapteme de clovis 1

Les grandes invasions

Les grandes invasions, chute de l’empire romain d’occident

Je ne peux m’empêcher de rapprocher la situation de l’Europe du Ve siècle de celle d’aujourd’hui. L’immigration que nous subissons n’a pourtant rien à voir avec l’invasion des barbares Francs, Burgondes, Wisigoths… et Bretons de l’époque. Je trouve cependant des analogies. L’empire romain d’occident était dans un état d’anomie évident. L’assistanat étatique avait détruit toutes les formes de productions romaines et la consommation ne dépendait plus que des importations : notre industrie et notre agriculture sont moribondes pour des raisons qui s’en approchent. Le pouvoir central en déliquescence n’avait plus d’armée nationale (romaine) pour assoir son pouvoir : l’Europe pacifiste n’a pas d’armée et n’est pas disposée à envoyer ses citoyens mourir au combat. Les frontières de l’Empire n’existaient plus, les nôtres ne vont guère mieux. En revanche l’administration romaine restait en place, même dans les pays conquis par les Barbares : la bureaucratie européenne semble capable de dépasser tous les changements sans en tenir compte, et de s’imposer longtemps, même si les citoyens n’en veulent plus.

Mais y a-t-il aujourd’hui une véritable invasion de l’Europe ? Les grandes invasions se sont produites par sauts successifs, brutaux parfois, insidieux aussi, se déroulant sur plusieurs siècles. Notre vie est trop courte pour apprécier de telles durées. Nous sommes donc incapables de juger de l’évolution à long terme de l’immigration. Les hommes politiques et les intellectuels en revanche, y sont contraints, sans aucune référence autre que leurs convictions. Peu leur importe d’ailleurs, ça leur suffit comme réflexion. Comment savoir alors, si ce que nous vivons est un changement de civilisation ?

Les gens un peu âgés se souviennent de l’invasion allemande. J’ai connu un temps où les mots : achtung, schnell, was ist das, ausweis… étaient d’utilisation courante (et ironique). Et les Allemands ne sont restés que quatre ans, alors juger de siècles d’occupation ! Notre invasion de l’Algérie ne nous a guère apporté de nouveaux mots arabes (nous en avions déjà des centaines : algèbre, sirop, caban, goudron…). En revanche, nos soldats de la guerre d’indépendance et les Pieds noirs, en ont rapportés quelques-uns de plus : bled, gourbi, toubib, zob, flouz… qui sont venus enrichir notre argot. D’ailleurs, Victor Hugo disait : « La langue a ceci en commun avec le crime de naître dans la rue ». Les envahisseurs germains ont laissé peu de mots au français : guerre, garde, guet, blesser, épier, fourbir… Les Francs particulièrement, nous ont fait don de : bannir, harangue, saisir, gage, hardi… Les gaulois eux-mêmes ont enrichi le latin de bien des mots qui se retrouvent en français : char, lande, ajonc, boue, trogne, talus, suie… Cependant les Francs n’ont pas apporté le français en France, aucun envahisseur barbare n’y a imposé sa langue, sauf les Bretons ! Même vaincue Rome, réduite à une petite ville misérable, a pu nous léguer son organisation et sa langue qui constituent les racines de notre civilisation.

Quel avenir pour l’Europe ? L’impact de l’immigration actuelle ne sonnera pas le glas de notre mode de vie. Il y aura sans doute des conflits ouverts, des intégrations impossibles et des zones où le droit européen n’aura plus cours (tout comme au temps des invasions barbares, certains lieux étaient réservés aux envahisseurs, la toponymie en garde de nombreuses traces) mais l’Europe est la plus forte. Même vaincue, elle restera bureaucratique, pacifique et généreuse, d’autant plus qu’elle sera pauvre.

Le succès des Francs est dû pour une grande part à la conversion de Clovis au catholicisme et l’Empire de Charlemagne, européen avant l'heure, sera romain et germanique. L’Europe est aujourd’hui sournoisement travaillée par les religions. Mais comme dans l’Empire romain déchu, l’esprit chrétien continuera d’inspirer la politique de l’Europe (et de l'USA). Sans cette tendance jamais clairement exprimée, l’immigration actuelle n’aurait pas été possible. Curieusement le Christ a créé l'Europe, Il disparaîtra avec elle. Dans mille ans peut-être ! 

G. S.       

           

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