Blog

Gants de boxe annees 1920

Expression "du coup"

Du coup

 

      Du coup ça m’énerve. Pas de souci, du coup n’a jamais fait de mal à personne. Maladie très contagieuse mais bénigne, l’emploi de du coup à tout propos n’expose à aucune souffrance particulière, pas d’éruption de boutons, pas de sécheresse buccale ou autre, pas d’ecchymoses visibles, juste un petit pincement au cœur quand votre interlocuteur répète insidieusement du coup, pour vous faire honte de votre inculture ou de votre langage populacier.

    Donc du coup, évitez cette expression. Ce n’est pas difficile, les équivalents sont nombreux : donc, par conséquent, finalement, par suite, de ce fait, dans ces conditions, en fin de compte, etc. Exemple : au marché devant le marchand de légume.

– Vous n’avez plus de carottes ?

– Non Madame.

– Vos navets sont bons ?

– Tout frais déterrés ils sont.

Du coup je vais prendre des artichauts…

     On peut s’offusquer de remplacer les navets par des artichauts, ou que les navets soient déterrés ce qui fait un peu macabre, mais du coup en l’occurrence, aurait pu être remplacé (si vous portez un manteau de fourrure, un chapeau à plume élégant et des gants) par finalement ou toutefois.

     Alors, du coup, si on veut employer quand même cette expression (pour être dans le coup comme on disait autrefois – T’es plus dans l’coup, papa, t’es plus dans l’coup…) quand faut-il l’utiliser ?

     Au sens propre : « Frappé au visage, du coup il s’effondra ». Ce n’est pas très élégant mais c’est pertinent (à utiliser avec modération, je parle des coups au visage).

      Au sens d’une cause agissant brusquement : « l’usine explosa, du coup la ville prit feu. » Du coup peut prendre le sens d’aussitôt.

      Chaque époque a ses tics de langage qui énervent les vieux. Ceux-ci préfèrent leurs tics à eux. On disait pas de problème (ou pas de pébé ou encore, pas de pé), on dit maintenant pas de souci évolution freudienne qui transforme un problème à résoudre par le souci désinvolte de le contourner. Je ne parlerai pas des insultes nouvelles qui enrichissent chaque jour notre belle langue de termes parfois déguisés en verlan. J’ai la nostalgie du javanais de mon enfance, ou du louchébem (argot des bouchers parisiens) de tonton René. Les mots ont un goût dans la bouche, saveur de l’insulte ou du gros mot qui explose sur le palais, suavité du compliment, complexité de la phrase tournicotée, douceur des paroles d’amour, qui tournent dans la bouche comme une langue étrangère…

     Je conclurai sagement par le Abusus non tollit usum, l’abus n’exclut pas l’usage, maxime de l’ancien droit. L’abus que l’on peut faire d’une chose ne doit pas forcer nécessairement de s’en abstenir (voir les pages roses).                      

Les deux guitages

Le poète disparu, Philippe Siou

Il y a 5 ans disparaissait Philippe Siou. Après une khâgne et une maîtrise de lettres à Brest, on le retrouve professeur de lettres dans le Nord. Les élèves (et les parents) aiment ce prof atypique et brillant qui joue volontier de la guitare. Il s'est lancé dans la musique à 18 ans et, de groupe en groupe, compose et écrit des chansons de plus en plus insolites, insolentes et rebelles. Choquantes parfois. Il exorcise aussi son mal-être en dessinant les personnages qui le hantent.

On pense à toi Philippe, ta souffrance était et restera la nôtre.

Exemple de chanson, qu'il disait chansonnette, " Les fêtes bourgeoises " illustrée de deux dessins de sa main. On peut trouver la quasi totalité de ses textes dans le livre "La pipe à l'envers" chez Edilivre. 

 

Les fetes bourgeoises    

Chez nedo bal

Les célestes histoires de femmes, les bonnes feuilles

Extrait pour site webÉdith

                 Dans un coin de la salle de danse, une fille obèse, vêtue d’un pull jaune horrible, roule des yeux de grenouille. Elle hésite entre les pleurs et le rire. Elle choisit de pleurer pour ne pas montrer ses dents gâtées. Je détourne mon regard, pris de dégoût ou de pitié. Sur l’estrade les musiciens se donnent à fond, le batteur ivre laisse libre cours à son instinct de massacreur. Une vapeur âcre monte de la foule en sueur. Les glaces aux murs, dans leurs cadres patinés de crasse, sont couvertes de buée où l’on a tracé du bout des doigts, des schémas évocateurs. Un homme embrasse une femme goulûment, elle se laisse faire, lascive, provocante. La boule à facettes de miroirs tourne au plafond. Elle fait courir des petits nuages blancs et rouge sur les faces blafardes ou cramoisies. La nausée guette. La musique écrase ou déchire une mer de danseurs qui se moire, comme un champ de blé sous les coups de vent. Un bloc humain noyé dans un océan de rythme, tangue et roule sans cesse sous un ouragan de bruit. Les couples gigotent, comme pour se débarrasser de leurs voisins agglutinés, retenus ensemble par la force lumineuse et enveloppante de la boule du plafond. En un seul corps agité de spasmes, haletant, la foule grouille joyeusement, comme des vers sur un cadavre. […]

                Elle est au bar. Assise de biais sur un haut tabouret entre les hommes de sa cour, qui ne semblent pas pour l’instant beaucoup s’occuper d’elle. Ils boivent, c’est sérieux. D’un regard, appuyé d’un sourire, elle m’invite à m’approcher. Je me glisse près d’elle, le courtisan le plus proche s’est écarté avec indifférence, comme s’il cédait sa place à un enfant. Édith n’a pas changé. La silhouette est impeccable, le mollet tendu et le genou pointu, la cuisse lisse, la taille fine, le buste petit et haut, le cou hiératique. Dans son visage un peu durci, s’affirme un nez légèrement aquilin. Élégante et simple, elle porte un ensemble presque blanc (chaussures assorties) qui met en valeur la matité de son teint. J’entends de temps en temps parler d’elle et de son équipe. Les mauvaises langues lui font une réputation de fille légère…

Lire la suite dans le livre "Les célestes, histoires de femmes" en vente sur Amazon ou sur le site de l'éditeur : Les éditions du Désir.

Pierre emile barthelemy naufrage sur la cote bretonne 1851

Le Pays Pagan

      Voici ce qu'écrivait le Chevalier de Fréminville en 1832 sur les habitants du Pays Pagan :          

      Il reste en Bretagne, et particulièrement dans le nord du Léon, entre Plouguerneau et Plounéour-Trez, des hommes qui ont conservé la rudesse de leurs ancêtres celtes. L’antique férocité de mœurs des habitants de ce territoire qu’on nomme le Pays Pagan (c’est-à-dire païen) n'est point encore adoucie, elle est empreinte même dans leurs traits. L'habitant de ces côtes redoutables est de haute stature, basané, sec et nerveux ; il marche jambes et pieds nus, un bâton noueux à la main ; ses traits farouches et menaçants semblent défier l'étranger qui le rencontre. Sa figure hâve, son front sillonné de rides que la fatigue et l'inclémence du climat y ont tracés avant le temps, est ombragé d'une forêt de cheveux longs, flottant en désordre et que ne contient pas le petit bonnet bleu et plat placé au sommet de sa tête. Ses yeux creux brillent d'un feu sombre, ils se fixent avec avidité sur la voile qui paraît à l'horizon. Si les signes d'une tempête prochaine menacent de jeter ce vaisseau sur les écueils qui hérissent ces rivages, la joie se peint sur le visage du cruel paysan de Plounéour, elle éclaircit un instant sa physionomie sauvage, comme un éclair sinistre brille au milieu de ces nuages noirs dont les flancs recèlent la foudre. Il réunit ses parents, appelle ses amis, ses voisins, tous courent sur la grève en poussant des hurlements barbares ; armés de bâtons, de crocs et de fourches, ils attendent les débris du naufrage. Si les infortunés navigateurs, dont le navire vient de se fracasser, parviennent en luttant contre la mort à atteindre ce rivage fatal, ils sont à l'instant même dépouillés et massacrés inhumainement par ces Celtes féroces et indomptables. (Antiquités de Bretagne, Finistère. Brest 1832)

Vous qui passez couverture

Vous qui passez sans me voir

www.lagidouille.fr

    Le dernier recueil de nouvelles de La Gidouille vient de paraître.  Pour son  cinquième " Variations " La Gidouille a largement diffusé une idée directrice et large : " Vous qui passez sans me voir "

    Les auteurs, connus et aguerris ou amateurs et prometteurs, sont issus de toute la France, du nord au sud, de l'est à l'ouest. On s'amuse, on rit, on pleure, on frissonne, on tremble, en un mot, cette lecture de textes courts est aussi variée dans la forme (dessins, prose, poésie) que dans le ton. Un excellent cru. (Extrait de la quatrième de couverture)

    Ma contribution dans ce livre, est une nouvelle intitulée " M. Legrand ", qui raconte l'histoire de ce garagiste qui aimait trop les fraises des bois. Etonnant non ?

Le cochon est joueur 194546 wide

Un coup de groin

Un coup de groin !

         La multiplication des dénonciations d’agressions sexuelles sur les femmes, à la suite du hashtag Balancetonporc, me fait pousser un coup de groin indigné. C’est vrai que dans ma porcherie, où nous sommes séparés des truies, je n’ai pas la possibilité d’exprimer ma libido comme je voudrais mais je pense aux privilégiés, élevés en plein champ et à toutes les cochonneries qui leurs sont permises.

         Cochons mes frères, il est parmi vous des bêtes qui abusent de leur pouvoir, ils sont si forts, si populaires, si séduisants (même si leur aspect est parfois repoussant) aux yeux de certaines femelles, qu’ils se croient tout permis. Verras mes amis, limitez-vous aux femelles consentantes, elles sont assez nombreuses à vouloir entrer dans votre bauge. Laissez les autres tranquilles. Sinon, ils seront punis ceux qui abusent de la loi du plus porc.

        Bon, le verra dominant est incorrigible, les litres de sperme dont il dispose l’étouffent, il faut qu’il se soulage. Mais les autres, les petits cochons ? En liberté le porc n’est pas méchant. Il peut lécher sa truie sans la déranger, en douceur. Elle est flattée, ravie même, s’il fait ce qu’elle désire sans qu’elle ait besoin de le lui demander. Et si elle n’a pas envie, un petit coup de dent suffira à écarter l’importun, qui ira voir ailleurs.

        Mais dans ce monde tout est compliqué. Nous sommes si nombreux, si pressés les uns contre les autres que tout incident prend des proportions gigantesques. L’odeur d’un porc n’est pas désagréable mais les fragrances d’une porcherie sont insupportables. Et encore, nous n’avons pas l’odeur sur les ordinateurs (les élevages sont maintenant connectés). Nous qui phosphorons trop (à cause des aliments industriels trop riches en phosphore), n’ajoutons pas l’angoisse des autres à notre pauvre vie pour en faire un purgatoire anticipé. Il est des destins autrement cruels, dont nous ne nous soucions guère.

         Les caresses légitimes, au bon moment, peuvent faire oublier toutes les agressions. Les cicatrices restent mais ne font pas forcément souffrir ad vitam æternam (il y a des cochons cultivés aussi).

         Et pour les incorrigibles, je suis pour rétablir la peine de porc !

Celestes telegramme photo

Revue de presse, "Les Célestes, histoires de femmes"

Article du Télégramme du samedi 14 octobre 2017

Celestes telegramme texte modifie 1

Invit 22 octobre

C'est la fête à La Gidouille

      La fête à La Gidouille aura lieu le dimanche 22 octobre 2017 à partir de 15 heures à la Maison des Fontaines, place des Fontaines à Ploeuc sur Lié (22 150). Entrée libre et gratuite.

      Avant-première exceptionnelle. Plus de 25 écrivains seront présents.

      Pour ma part je présenterai une nouvelle (titre: M. Legrand) dans le recueil "Vous qui passez sans me voir" dernière livraison des éditions de La Gidouille.

Honore de balzac 1

Femmes célestes, anges ou démons ?

       En relisant Les chouans d'Honoré de Balzac, je suis tombé sur un paragraphe qui illustre bien mon propos dans Les célestes, histoires de femmes. L'héroïne, Marie de Verneuil a été chargé par Fouché de séduire le chef des chouans, le Marquis de Montauran, pour le livrer à la police. Les deux ennemis tombent éperdument amoureux et se sacrifieront ensemble l'un pour l'autre.

       Balzac aurait-il compris la Femme ? À elles de le dire.

       Marie de Verneuil (en parlant des femmes) :  « Tantôt j'aperçois notre joug, et il me plaît, puis il me semble horrible et je m'y refuse ; tantôt je sens en moi ce désir de dévouement qui rend la femme si noblement belle, puis j'éprouve un désir de domination qui me dévore. Peut-être, est-ce le combat naturel du bon et du mauvais principe qui fait vivre toute créature ici-bas. Ange ou démon, vous l'avez dit. Ah ! ce n'est pas aujourd'hui que je reconnais ma double nature [...] N'avons-nous pas un instinct qui nous fait pressentir en toute chose une perfection à laquelle il est sans doute impossible d'atteindre... »   

171008 chateaulin

Salon du livre de Châteaulin

             Je serai au salon du livre de Châteaulin le 8 octobre 2017. J'y présenterai mes derniers livres dont Morvan lez Breizh, roi des Bretons et Les célestes, histoires de femmes.

         De nombreux auteurs seront présents pour vous présenter leurs oeuvres (liste sur le site de la ville de Châteaulin)

         Bienvenue au salon du livre de Châteaulin !

De passage 1

[de passage] livre de Martine Pochart chez Angles et Perspectives

[de passage] éditions Angles et perspectives

Texte Martine Pochart, Photographies Joëlle Laurent 

 

            Livre agréable à lire, léger, poétique. Livre de femme, axé sur les sentiments, les impressions, sensuel et pudique. Féminin aussi ce contact avec les gens et les choses par lequel passe la connaissance de l’autre, l’intuition, le désir, l’abandon de soi. Le verbe aimer est conjugué mais le mot amour n’est pas employé. Pourquoi ? Au lecteur de le découvrir.

Le style est limpide. Le récit se déroule à la troisième personne (genre Modiano), comme si l’auteur, qui parle toujours de lui-même, prenait de la distance par rapport à son sujet, l’observait de l’extérieur alors qu’il fouille en lui-même. Il passe de temps en temps à la première personne, ce serait téméraire de tenter d’expliquer pourquoi.

La vie quotidienne semée de temps forts, est exprimée en pensées fugaces ou persistantes, riches ou triviales. Rien n’est figé, nous sommes de passage dans l’existence. Le sujet est inépuisable et beau. C’est celui des poètes.      

Joli livre. Les photos sont à l’unisson, riches de suggestions flottantes, d’impressions qui passent.

G. S.

Main fantome modifie 1

La main fantôme

La main fantôme

Photo apparue mystérieusement sur mon écran alors qu'un rayon de soleil s'invitait dans la pièce. Sans doute le rayonnement électromagnétique subséquent  s'est emparé de la souris, grâce à cette main fantôme qui a cliqué indépendamment de ma volonté, pour se photographier elle même. Mon ordinateur pervers narcissique (un mâle sans doute), viole les procédures, détruit la confiance, efface la mémoire, dicte des protocoles en  tuyaux de poêle qui ne s'ajustent jamais... Quand enfin il se met à parler anglais, il ne reste plus qu'à lui couper le sifflet. 

La main fantôme

Soudain d’un clic

Te noie dans ton bain.

 

Un électron, un atome,

En France, en Amérique,

Te transporte trop loin.

 

En voyageur économe

Et paresseux dans l'informatique,

Sur tout, tu ne sauras presque rien.

 

Car le nuage de zéro et de un,

De cette savante mécanique,

Est manipulé par la main fantôme.

 

Il n’y a pas de touche [vérité]

Sur le clavier.

(Alan Mathison Turing)

Couverture

Les célestes histoires de femmes

http://editionsdudesir.fr

http://nouvellesetrecits.com

Les célestes, histoires de femmes

Tour du monde des âmes féminines en vingt récits... Terra incognita.

Quel homme n'a connu de femmes célestes ? Une mère auréolée de lumière, une gamine secrètement adorée à l'école, la fille du premier baiser presque chaste, les amoureuses des tempêtes adolescentes, la femme des nuits veloutées et enfin la vieille dame vénérée dans son aura de soie rose.

Les véritables célestes sont terrestres, anges incarnés, femmes. Elles ont quelque chose  à faire d'essentiel, de grand comme le ciel. Parfois d'être belles tout simplement. De créer ou de bâtir. Ou d'aimer et d'être aimées aussi, d'être vierges ou mamans et de s'élever ainsi, au-dessus de la plate humanité.

Napo macro

Macron vs Napoléon

            Est-ce une illusion ou Emmanuel Macron ressemble à Napoléon Bonaparte ? Macron nouveau Napoléon ? Les contempteurs susurreront coup d'Etat, les zélateurs parleront de volonté (dans la mâchoire), les femmes verront la séduction (dans le regard), les coiffeurs évoqueront la fragilité (les cheveux fins), les politiques jugeront de la droiture (du nez) et les autres n'y verront rien !  

Beaumarchais

Paroles d'hommes politiques, citations et bévues

Beaumarchais faisait dire à Figaro à propos de la politique : « … Mais feindre d’ignorer ce qu’on sait, de savoir tout ce qu’on ignore ; d’entendre ce qu’on ne comprend pas, de ne point ouïr ce qu’on entend ; surtout de pouvoir au-delà de ses forces ; avoir souvent pour grand secret de cacher qu’il n’y en a point ; s’enfermer pour tailler des plumes, et paraître profond quand on n’est, comme on dit, que vide et creux ; jouer bien ou mal un personnage, répandre des espions et pensionner des traîtres ; amollir des cachets, intercepter des lettres, et tâcher d’ennoblir la pauvreté des moyens par l’importance des objets : voilà toute la politique ou je meure ! »

Les hommes politiques ne sont pas plus sots que les autres, cependant ils le paraissent souvent parce qu'ils parlent infiniment plus que leurs concitoyens. Exemple:

 Un élu d’opposition de la ville de Brest s’est écrié un jour à la discussion du budget, en direction de la majorité (de gauche) :« Que vous nous donniez des leçons d’arithmétique est déjà difficile à avaler mais nous n’acceptons pas que vous nous donniez des leçons d’hypocrisie. » Que j’aime ces envolées qui s’écrasent en bout de piste ! Les exemples sont légion, depuis le célèbre : « Le char de l’état navigue sur un volcan. » en passant par « Si c’est possible c’est fait, si c’est impossible ce sera fait. » (mot de M. de Calonne à Marie-Antoinette), ou le tragique « Tout est prêt. J’entends par être prêt, que si la guerre devait durer un an, nous n’aurions pas besoin d’acheter un bouton de guêtre. » (Maréchal Leboeuf le 15 juillet 1870), ou encore le comique Jules Vallès pendant la Commune de Paris : « Je voterai contre la proposition [de Courbet de supprimer Dieu par décret], Dieu ne me gêne pas. Il n’y a que Jésus-Christ que je ne peux pas souffrir comme toutes les réputations surfaites. » La sottise surgit dans le discours improvisé, pour faire gagner la postérité à un modeste parlementaire ou à un Maréchal de défaite.

    

220px maurice grevisse

L'accord des noms et adjectifs par le Dr Tewfick-Pacha

Eloge de l'orthographe française (suite)

Par le Dr Tewfick-Pacha de l'université d'Eyoub

 

Le pluriel des noms et adjectifs

 

           Le petit Jules a écrit : « Les maison sont rose.» Horreur ! La maman sanglote, ses larmes tombent sur la dictée fatale, l’encre se dilue dans les pleurs et forme sur le papier des petits nuages très beaux. Le papa considère le zéro en dictée comme un échec personnel. Ses petits spermatozoïdes n’ont pas transmis son don pour l’orthographe à son rejeton, ne serait-il pas son fils ? Il hésite entre la gifle interdite et l’insulte infâmante mais il se tait. La souffrance lui clôt le bec avec un accent circonflexe.

          Comment est-t-il possible qu’une règle aussi simple ne soit pas appliquée, sinon comprise, par un enfant de huit ans normalement constitué ? Jules n’est pas un imbécile, il a dépanné son père qui s’apprêtait à jeter son ordinateur par la fenêtre de désespoir, il le bat régulièrement au football en jeu vidéo. Il se sert couramment du four à micro-ondes, (ses parents oublient parfois de lui préparer à manger) sans avoir jamais lu la notice. Ce n’est pas un génie non plus. Les tables de multiplications n’ont pas accès à son cerveau. Pour trouver combien font 9 fois 7, il utilise une méthode digitale, complexe et lente, d’origine chinoise, trouvée sur internet. Ça marche, à condition de disposer d’un délai suffisant.

           Pourquoi n’applique-t-il pas la règle élémentaire de l’accord des noms et des adjectifs ? Il paraît naturel à Jules d’écrire : « Les maison. » Ça ne le choque pas le moins du monde. Il y a plusieurs objets nommés maison, comme l’indique l’article défini pluriel les placé devant. Il n’est donc pas logique de mettre un s à maison qui est une unité (un concept si on est architecte). Ni nécessaire pour la compréhension. La multiplicité des constructions est suffisamment indiquée par l’article (déterminant). Si on avait écrit maisons tout seul le pluriel aurait été nécessaire mais avec les… En poussant le raisonnement à son terme, il faudrait donc dire les cheval.

          Certains pluriels sont irréguliers. Les premiers mots balbutiés par nos ancêtres n’avaient peut-être pas pour support une grammaire élaborée afin de communiquer sans ambigüité (tolérance orthographique sur la position du tréma). Ils n’avaient pas encore l’Académie française et ne recevait pas le Journal officiel, pourtant indispensables de nos jours. Pour dire : « Je vois des chevaux dans la plaine» et avertir le sorcier d’allumer le feu, parce qu’on allait bientôt manger, Naoh depuis son observatoire s’écriait : « Arrh ! Cheval, o ! Miam miam. » Le o, exclamation marquant une vive approbation, signalait donc qu’il y avait plusieurs cheval, contracté depuis en chevaux. Farfelu ? Peut-être pas. Bien plus tard, en ancien français, la forme de l’affirmation variait suivant qu’elle engageait la première personne (o je), la seconde (o tu) la troisième (o il). C’est cette dernière qui s’est fixée d’abord en oil puis en oui. Le miam miam quant à lui, ne nécessite pas d’explication car il est toujours usité de nos jours. La civilisation en a fait le verbe manger.  

           Jules n’a pas non plus accordé l’adjectif rose. Il a pensé : des maisons de couleur rose. On peut en effet, induire de la tournure de la phrase que les maisons sont uniformément roses, et que, par conséquent, il n’y a qu’un rose. Donc par suite, la couleur ne prendrait pas d’s. Là, l’ange bleu du bord de la route grammaticale nationale française rétorque : « Halte-là, ce n’est pas des maisons de couleur rose, c’est des maisons roses. » L’impertinent Jules aurait remarqué sournoisement : « Ce sont et non pas c’est… » Ce en quoi il n’aurait pas eu tout à fait raison, l’accord insolite du verbe avec l’attribut étant légèrement archaïsant, bien que toujours régulièrement pratiqué par la dame de la météo à la télé. Pardonnons à Jules, il n’a que huit ans !  Mais il y a plus, dommage pour Jules que la couleur rose n’aie pas eu une nuance, rose bonbon par exemple (mais bonbon aurait posé un autre problème d’exception du m devant le b ou le p). C’est l’accord qui aurait été fautif. Pourquoi ? Parce qu’on dit : des maisons de couleur rose bonbon. Quand le rose est bonbon, la couleur est sous entendue, quand il ne l’est pas il ne s’agit pas d’une couleur, les maisons sont roses comme elles seraient grandes ou laides, un point c’est tout. Si vous n’êtes pas contents adressez-vous à M. Grévisse ! Mais il y a plus (encore !) si les maisons avaient été marron, il n’y aurait pas eu d’accord non plus car la couleur des fleurs et des fruits ne s’accorde pas avec celle des maisons (sauf pour rose, mauve, pourpre… qui s’accordent). On peut dire marron, de la couleur du marron, fruit du marronnier. Aïeu ! On se mord la queue, on y perd son latin, on est perdu. La dialectique a ses limites en orthographe, qui elle, n’en a pas. Voilà sa gloire, notre espérance et notre soutien (cantique chrétien qui glorifie les mystères de Dieu à l’égal des arcanes de l’orthographe française). Jules sait bien, quand il fera sa communion (ou sa bar Mitzvah), qu’il aura plus de chances d’aller au paradis que de faire une dictée sans fautes.

170224 carnet 1

La dictée, par le Dr. Tewfick-Pacha de l'université d'Eyoub

Eloge de l'orthographe française (suite)

par le Docteur Tewfick-Pacha

de l'université d'Eyoub

                 La Dictée                 

             Puis survient la dictée !  Pensez aux pauvres gosses à qui on inflige cette torture. D’abord le petit perd ses moyens, l’enjeu le dépasse. Il est devant un tribunal implacable qui ne tiendra compte que des faits. Sa personnalité, ses problèmes intimes, ses relations avec son père ou sa mère, ne pèseront rien dans la balance aveugle de la Justice, personnifiée par le maître (qui lui, n’a pas les yeux bandé et brandit le glaive tout sanglant de zéros coagulés). Le jury de ses petits camarades sera sans pitié à la correction. On se moquera, il recevra un surnom infâmant et il sera encore une fois privé de jeux vidéo à la maison. Stressé donc, et pris de vitesse. Il faut écouter et écrire en même temps. Le tortionnaire répète plusieurs fois, en passant dans les rangs pour surveiller l’avancement de l’exécution, et ses mimiques désolées, ironiques, indignées, résignées aussi, ne font que renforcer la sensation de culpabilité qui taraude l’élève. Puis il faut relire le texte. Les lignes se mêlent, le sens des phrases disparaît. Une curieuse sensation de flottement s’installe dans le vide intersidéral où les mots tels des astres dans un télescope, deviennent flous, incertains, se dédoublent, se dérobent ou encore s’agglomèrent (avec ou sans tiret). On ne distingue plus Mizar d’Alcor. L’orthographe bizarre, les accords incongrus, disparaissent dans une poétique douloureuse, qui met des étoiles dans les yeux plein de larmes du malheureux, lancé dans l’obscurité insondable de l’orthographe. Ou ébloui par cette beauté si française. Inutile et traumatisante la dictée ?

170119 dalloz 2

Eloge de l'orthographe française par le docteur Tewfik-Pacha : crainte et tremblements

Éloge de l’orthographe française

par le Docteur Tewfik-Pacha

de l’université d’Eyoub

 

Crainte et tremblements

 

Qui dira la gloire de l’orthographe française ? La multitude des manuels, des méthodes faciles et ludiques d’apprentissage n’en font (syllepse de nombre) pas vraiment l’éloge. Il suffit de s’y plonger un peu pour être déçu, puis vite découragé. Les meilleurs livres sur l’orthographe laissent toujours un goût de toile d’araignée dans la bouche. Un ton taquin, voire tolérant, presque libertaire, un style léger plein d’exemples limpides, conduisent toujours à des règles absconses dont la transgression n’est permise qu’aux grands écrivains. Qui établissent ainsi de nouvelles règles que le vulgum pecus doit suivre impérativement. De nouveaux mots éclosent, éphémères et étrangers pour la plupart, que consacrent les dictionnaires branchés paraissant tous les ans. La langue bouge (il le faut bien pour parler) mais l’orthographe ne bouge pas. Le pouvoir en a bien conscience qui institue des tolérances orthographiques scandaleuses et superfétatoires, génétiquement absurdes, tout juste bonnes à mettre le trouble chez les zélateurs de l’orthographe.

Car l’orthographe française est l’objet de combats ! Combat contre l’inculture des jeunes, lutte contre l’arrogance des vieux, guerre contre l’invasion étrangère, conflit intérieur contre la décadence de l’école, résistance au laxisme général et guérilla politique sur l’identité nationale, dont l’étendard sanglant de l’orthographe est levé, et relevé à tout propos.

Mais n’exagérons pas, il ne s’agit que d’écrire correctement et non d’écrire congrûment. Les zélateurs précédemment cités, se moquent bien du contenu des textes soumis à leur critique. Ils ne cherchent que les fautes d’orthographe. Ils se postent, journal, tablette ou livre à la main, tels les anges bleus qui plantent leurs bottes dans les petites fleurs des bords de route près d’une machine rutilantes, pour sanctionner les infractions qui leur passent sous les yeux : doublement de consonne non autorisé, défaut de permis d’accorder, usage abusifs des exceptions aux règles, mépris de la correspondance des temps, confusion de sens interdit ou coupure de mot sans visibilité. La sanction est unique, la honte ! Mais il reste des progrès à faire pour améliorer l’orthographe. Par exemple, il n’est pas encore interdit d’écrire en état d’ivresse ou sous l’emprise de drogues (ce dont certains, et non des moindres, ne se privent pas).

Il arrive parfois que l’on soit contraint d’écrire quelque chose sans avoir la possibilité de consulter un dictionnaire ou de faire appel à un correcteur d’orthographe intelligent. Pressé par le temps, sous des regards peu amènes, stressé par les circonstances, vous êtes pris par l’angoisse de faire une faute d’orthographe impardonnable, indigne de votre statut. Une grosse faute ! Un tremblement gagne votre plume, vous cherchez désespérément une échappatoire, changer les mots si possible, pour en trouver un qu’on sache écrire ou si ce n’est pas possible, chercher dans l’autodérision une excuse minable (demander à la ronde comment ça s’écrit par exemple) qui sauvera la face en faisant rire les gens, sans aucunement laver votre honneur. Je parle pour vous, Français qui écrivez votre langue, moi je suis Turc et j’ai toujours l’excuse de ne pas avoir totalement assimilé l’orthographe française malgré ma grande culture car, s’il est bien connu que c’est impossible pour un étranger, c’est obligatoire pour un petit Français.   

Plus tard, parvenu à une situation avantageuse, sinon à la gloire, la crainte et le tremblement qui saisissent tout bon philosophe à l’évocation de Dieu, (en tout cas Kierkegaard, dont le nom en lui-même est un exploit orthographique) paraitront peu de chose devant l’angoisse et l’ennui de corriger une page couverte de signes noirs, qu’il faudra rendre vierge de toute faute d’orthographe. Tâche d’autant plus difficile qu’on l’aura soi-même écrite et comparable aux efforts des croyants pour assumer la virginité de Marie.

Est-ce là un éloge ? Certes non, mais nous y viendrons. Le côté obscur de l’orthographe française sera tourné contre la table et les valeurs éminentes de ce don de l’histoire des peuples, de Jules César au général de Gaulle et de Platon à Michel Houellebecq, s’épanouira dans toute sa magnificence, sa richesse et sa beauté, au ciel de la littérature, du journalisme, des messages téléphonés, de la liste des courses et du code civil dans sa robe rouge Dalloz. (suite au prochain blog)                          

Bapteme de clovis 1

Les grandes invasions

Les grandes invasions, chute de l’empire romain d’occident

Je ne peux m’empêcher de rapprocher la situation de l’Europe du Ve siècle de celle d’aujourd’hui. L’immigration que nous subissons n’a pourtant rien à voir avec l’invasion des barbares Francs, Burgondes, Wisigoths… et Bretons de l’époque. Je trouve cependant des analogies. L’empire romain d’occident était dans un état d’anomie évident. L’assistanat étatique avait détruit toutes les formes de productions romaines et la consommation ne dépendait plus que des importations : notre industrie et notre agriculture sont moribondes pour des raisons qui s’en approchent. Le pouvoir central en déliquescence n’avait plus d’armée nationale (romaine) pour assoir son pouvoir : l’Europe pacifiste n’a pas d’armée et n’est pas disposée à envoyer ses citoyens mourir au combat. Les frontières de l’Empire n’existaient plus, les nôtres ne vont guère mieux. En revanche l’administration romaine restait en place, même dans les pays conquis par les Barbares : la bureaucratie européenne semble capable de dépasser tous les changements sans en tenir compte, et de s’imposer longtemps, même si les citoyens n’en veulent plus.

Mais y a-t-il aujourd’hui une véritable invasion de l’Europe ? Les grandes invasions se sont produites par sauts successifs, brutaux parfois, insidieux aussi, se déroulant sur plusieurs siècles. Notre vie est trop courte pour apprécier de telles durées. Nous sommes donc incapables de juger de l’évolution à long terme de l’immigration. Les hommes politiques et les intellectuels en revanche, y sont contraints, sans aucune référence autre que leurs convictions. Peu leur importe d’ailleurs, ça leur suffit comme réflexion. Comment savoir alors, si ce que nous vivons est un changement de civilisation ?

Les gens un peu âgés se souviennent de l’invasion allemande. J’ai connu un temps où les mots : achtung, schnell, was ist das, ausweis… étaient d’utilisation courante (et ironique). Et les Allemands ne sont restés que quatre ans, alors juger de siècles d’occupation ! Notre invasion de l’Algérie ne nous a guère apporté de nouveaux mots arabes (nous en avions déjà des centaines : algèbre, sirop, caban, goudron…). En revanche, nos soldats de la guerre d’indépendance et les Pieds noirs, en ont rapportés quelques-uns de plus : bled, gourbi, toubib, zob, flouz… qui sont venus enrichir notre argot. D’ailleurs, Victor Hugo disait : « La langue a ceci en commun avec le crime de naître dans la rue ». Les envahisseurs germains ont laissé peu de mots au français : guerre, garde, guet, blesser, épier, fourbir… Les Francs particulièrement, nous ont fait don de : bannir, harangue, saisir, gage, hardi… Les gaulois eux-mêmes ont enrichi le latin de bien des mots qui se retrouvent en français : char, lande, ajonc, boue, trogne, talus, suie… Cependant les Francs n’ont pas apporté le français en France, aucun envahisseur barbare n’y a imposé sa langue, sauf les Bretons ! Même vaincue Rome, réduite à une petite ville misérable, a pu nous léguer son organisation et sa langue qui constituent les racines de notre civilisation.

Quel avenir pour l’Europe ? L’impact de l’immigration actuelle ne sonnera pas le glas de notre mode de vie. Il y aura sans doute des conflits ouverts, des intégrations impossibles et des zones où le droit européen n’aura plus cours (tout comme au temps des invasions barbares, certains lieux étaient réservés aux envahisseurs, la toponymie en garde de nombreuses traces) mais l’Europe est la plus forte. Même vaincue, elle restera bureaucratique, pacifique et généreuse, d’autant plus qu’elle sera pauvre.

Le succès des Francs est dû pour une grande part à la conversion de Clovis au catholicisme et l’Empire de Charlemagne, européen avant l'heure, sera romain et germanique. L’Europe est aujourd’hui sournoisement travaillée par les religions. Mais comme dans l’Empire romain déchu, l’esprit chrétien continuera d’inspirer la politique de l’Europe (et de l'USA). Sans cette tendance jamais clairement exprimée, l’immigration actuelle n’aurait pas été possible. Curieusement le Christ a créé l'Europe, Il disparaîtra avec elle. Dans mille ans peut-être ! 

G. S.       

           

Couv du paradis

Du rififi au paradis, roman policier

Du rififi au paradis

Après les récits de vie, les romans historiques et les nouvelles, je m'attaque maintenant au roman policier, et au plus gros des lecteurs. Car il est bien plus intéressant d'imaginer son voisin découpé en morceaux par un mystérieux psychopathe que de se coltiner les états d'âme d'un vieillard qui se recrée une enfance ou invente des histoires qui se seraient réellement déroulées autrefois. 

Voilà donc un roman policier qui se déroule dans un endroit où nous irons tous, les enfers. Un ministre et un enfant pérégrinent dans l'au-delà à la recherche des coupables de leur mort. Ils vont rencontrer Satan, des anges, un policier de roman, des gens célèbres et même Jésus. Sous l'ésotérisme farfelu on peut lire la critique de nos élites engluées dans la communication de masse. 

Dans toutes les librairies ou sur http://chapitre.com

×