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Blog

Le nombre d'or, mythe de la proportion idéale a/b= 1,618

Le nombre d'or

Le 18/10/2022

        Le nombre d’or est généralement noté φ (lettre grecque phi). C’est aussi le logo de la France insoumise (FI). Le nombre d’or est le rapport idéal entre deux grandeurs (longueur, largeur par exemple). Est-ce une façon subliminale de la FI de se placer sur l’échelle des valeurs politiques françaises ?     
        Le nombre d’or ou division en extrême ou  moyenne raison (raison est à prendre au sens latin de ratio), est défini par l’équation : (a+b)/a=a/b=φ qui peut s’écrire aussi :  φ²- φ-1= 0 équation du second degré qui admet facilement pour solutions (si on n’a pas trop dormi pendant les cours de maths en seconde) :
φ'= 1,618… et φ''= - 0,618… On voit mal ce que pourrait représenter un nombre d’or négatif, aussi on ne le retient pas. Curieusement φ est un nombre irrationnel c’est-à-dire qu’on ne peut pas l’obtenir par la division de deux nombres entiers, ce qui est quand même un comble pour un nombre qui s’écrit a/b. Les mathématiciens depuis l’antiquité s’acharnent à donner une signification au nombre d’or, particulièrement en géométrie où il sublime triangles, polyèdres, spirales logarithmiques, etc.
        Les ufologues les mieux informés, le tiennent pour un legs des extraterrestres. On retrouve le nombre d’or dans les proportions de la pyramide de Chéops, particulièrement dans la chambre du roi et, avec un mètre élastique, dans la plupart des monuments antiques (que nos ancêtres n’auraient jamais pu construire avec leurs moyens rudimentaires sans l’aide des Aliens).
       Un savant comme Kepler, à qui on doit les lois de déplacement des planètes, tenait le nombre d’or pour un joyau précieux. Il arrondissait ses fins de mois en fournissant des horoscopes, comme quoi les mathématiques mènent à tout. Avec plus ou moins de précision, la plupart des grandes œuvres d’art peuvent se rapprocher du nombre d’or, depuis les proportions de l’homme de Vitruve (Léonard de Vinci) jusqu’au modulor de Le Corbusier.
        Le nombre d’or atteint à la gloire au XIXe siècle avec le positivisme, qui prétend que tout peut être déterminé si on connaît les conditions initiales et les lois qui s’appliquent. Le nombre d’or en est une. La beauté serait alors liée au nombre d’or et le beau mis en équations, y compris en anatomie, en peinture, en architecture, voire en musique. L’art n’est plus qu’une question de calcul.
        Il reste que si vous ne savez pas ce qui est beau, choisissez votre environnement en fonction du nombre d’or. Par exemple si vous mesurez 1,80 m, vous devez vous unir à une personne de 1,11 m ou, en sens inverse de 2,91 m (bon, ça ne fonctionne pas très bien, il faut croire qu’il n’y a pas de règle d’or pour constituer les couples). En revanche si vous achetez une table, pour que celle-ci soit parfaite, à une largeur d’un mètre doit correspondre à une longueur de 1,618 m (peu importe le nombre de convives).
        La moyenne et extrême raison φ existe dans la nature, la pomme de pin en est un exemple approximatif. En fin de compte, en cherchant bien on la trouve partout, même en politique où règne on le sait, l’extrême raison qu’on appelle aussi le pouvoir.

La modération est partout, sauf dans les faits, hypocrisie.

Modération

Le 23/09/2022

Avec modération

Le vingtième siècle a été celui de tous les excès, le vingt et unième sera-t-il celui de la modération ? Après un siècle de guerres, de massacres, de famines, d’exploitation des nations et des hommes, de destruction de la nature, d’application de doctrines délirantes, l’humanité va-t-elle se calmer un peu ?

On pourrait le croire en regardant notre télévision. Et le marqueur civilisationnel qu’est la publicité. Les spiritueux sont vantés mais à consommer avec modération. Les voitures magnifiques et luxueuses ne brûlent presque plus de pétrole mais il est recommandé de les laisser au garage, pour prendre son vélo ou les transports en commun au quotidien. Des nourritures succulentes vous sont proposées mais il ne faut pas abuser du gras, du sucré et du salé. On a même inventé une fourchette modératrice pour signaler par vibrations, que le gourmand mange trop vite.

On nous montre des séquences de rêve sous les tropiques mais il est dangereux de s’exposer au soleil. Mettez de la crème solaire pour la protection mais n’en mettez pas si vous vous baignez, car ça pollue la mer. Allez en vacances au bout du monde pour moins de 100 euros mais ne prenez pas l’avion. Vapotez pour arrêter de fumer. Bref il faut se modérer en tout, résister à la publicité. La réduction de temps passé devant les écrans est également recommandée.

La modération est partout, parfois seulement en faux-semblants comme la modération des profits ou plus réelle, celle des retraites et des salaires. Modération aussi sur la consommation d’énergie, il va falloir baisser le chauffage (électrique) cet hiver quand bientôt toutes nos voitures seront électriques (avec des puissances sidérantes de plusieurs centaines de radiateurs domestiques). Mais elles rouleront à vitesse modérée. Il faut favoriser l’activité physique mais tout est fait pour qu’on n’ait aucun effort à fournir (en dehors de la salle). Ne marchez plus, prenez la trottinette électrique.

En communication (les réseaux sociaux) la réserve n’est pas de mise mais il est prévu des modérateurs automatiques qui censurent textes et images grâce à l’intelligence artificielle. Combien de temps faudra-t-il pour que celle-ci distingue l’île de Sein d’un site érotique et la statue de David (de Michel-Ange) d’un attentat à la pudeur ? Modérateurs aussi dans les débats sur les plateaux télé (tâche ingrate s’il en est). Et dans l’édition nous avons les sensitivy readers ou démineurs éditoriaux, chargés d’expurger des manuscrits ce qui pourrait être ressenti comme offensant par les membres d’une minorité.    

Et le sexe donc ! Modération aussi, alors que la pornographie est en accès libre, que la mode est aux fesses nues sur les plages. Les plaisanteries grivoises sont interdites et gare aux égarements gestuels, la bien-pensance veille et condamne le verrat au pilori médiatique, sans appel (Tartuffe n’est pas mort·e).

Enfin, oublions la violence, contraire de la modération. En politique l’invective est de tous les temps et les excès actuels, par leur sottise, prêtent plutôt à rire. Ce siècle ne sera pas plus pacifique que les autres. Depuis Étéocle et Polynice, les frères humains se déchirent, la modération en matière de guerre est seulement une question de moyens. Souhaitons qu’ils restent limités, faute de pouvoir les supprimer.

Restons hypocrites si nous ne voulons pas désespérer.

Cour d'amour en Provence au moyen âge, château de Boucicaut

La Cour d'amour

Le 30/08/2022

La cour d’amour

Un vent aigre souffle sur les Alpilles en ce mois de janvier 1421. Le myrte, piqué de mille aiguilles de glace, se réfugie dans les failles aigües des roches fendues. Le soleil blanc, sur le bleu roi du ciel, renonce à chauffer les pierres. Dans la plaine, les oliviers font le gros dos pour résister au froid et les vignes nues se tordent de douleur. Seuls quelques cyprès bravent la tempête et pointent par défi leurs verdures vénéneuses, dans l’air empli de sifflements glacés.

Dans la salle haute du château des Baux, un grand feu dans la cheminée armoriée, éclaire une assemblée noble enfouie sous d’épaisses fourrures. Antoinette de Turenne, épouse du maréchal de France Boucicaut, préside la Cour d’amour sur un lit couvert de peaux d’ours. Couché près d’elle sous les fourrures, le troubadour Bernard de Pignerol chante les arrêts rendus au Parlement d’amour de Pierrefeu d’où il vient. Seul un autre homme, François de Betas un chevalier de passage, a été admis dans la salle.

Les femmes, serrées autour du feu, tendrement enlacées ou alanguies sous les peaux de bêtes, s’appellent par des noms d’oiseaux. Antoinette se fait appeler la Dame de Aigle (le blason de Boucicaut est d’argent à l’aigle de gueules, becqué et membré d’azur), la Dame de Lignères répond au doux nom de Rossignol, l’héritière de Castelbayac est Mésange bleue, Mademoiselle de Chambriac Bergeronnette, la vieille Madame de Colleville ne craint pas de se faire appeler Messire Corbeau et les Pinson, Linotte, Merlette … attendent impatiemment leur tour de parler, car en Parlement d’amour, la présidente seule accorde la parole.

Dame Rossignol parle la première :

– Le cas de l’amour de l’Aigle pour son chevalier Boucicaut ne peut-il être jugé en cour d’amour ? Enfin, comment un pareil guerrier, toujours absent, souvent couvert de plaies et de bosses, peut-il honorer sa Dame, lui faire sa cour mignonne et prouver par des gages autres que sanglants, un amour sans fin. Sa valeur dans les tournois ou au combat, sa piété et sa gloire sont-ils suffisants pour une fin’amor, infinie et sacrée ? Entre époux qui plus est !

Antoinette intervient :

– La fin’amor dit-elle, n’est pas impossible entre époux comme l’a prétendu Marie de France dans son célèbre verdict de 1147. Jean et moi-même en sommes la preuve.

Bernard de Pignerol, le troubadour lève le bras :

– Si notre hôtesse le permet, le cas sera jugé. Dame Aigle étant partie prenante ne peut présider, je propose donc qu’elle cède la place à Messire Corbeau. Le chevalier Betas assurera la défense du Maréchal et je serai le procureur de la fin’amor.

Chacun s’installe confortablement pour le procès. Le troubadour s’approche d’Antoinette et l’accole gentiment pour la caresser sous les couvertures, le procureur ne lui est pas hostile, tant s’en faut. La Dame n’en laisse rien paraitre. Le Chevalier Betas se lance dans l’apologie de Jean II Le Meigre dit Boucicaut, prisonnier des Anglais depuis la bataille d’Azincourt :

– Il combat en tous lieux où l’appellent son Roi et la défense de la religion du Christ. Capturé par les infidèles en Tunisie, il reste prisonnier quatre mois au Caire. Puis il se joint aux chevaliers teutoniques, se bat en Prusse et en Lituanie et attaque les Polonais à Elbing. Le Roi le fait Maréchal de France à Königsberg. […]

La guerre continuelle décime les hommes des familles nobles. Souvent le père et les fils périssent ensemble. Les fiefs tombent en quenouille, les veuves subissent enlèvements, mariages forcés, spoliations de leurs biens ou pire encore. Boucicaut veut y porter remède. Il crée en 1399 l’ordre de la ‟Dame blanche à l’écu vert”. L’esprit de cette institution était de parcourir les campagnes, de visiter les châteaux, d’offrir des secours aux beautés malheureuses, aux amantes abandonnées, aux Dames vertueuses que la violence enchaînait, de redresser les torts, de faire rendre raison à toutes les Dames qui auraient été offensées en leurs biens ou leur honneur.

Bernard de Pignerol se soulève sur le coude pour plaider. Antoinette pousse un léger soupir, comme si elle regrettait que le troubadour s’écarte d’elle le moindrement.

– La Dame de l’aigle a 17 ans quand elle épouse Boucicaut, ici même. Jean a 29 ans. Ils ne se sont jamais rencontrés auparavant. Antoinette, héritière de la vicomté de Turenne, était destinée au Prince de Tarente, frère de Louis II d’Anjou mais le Roi de France veut mettre fin à la guerre qui ravage la Provence par une meilleure alliance […]

La Dame de l’Aigle demande la parole, Messire Corbeau d’un geste l’invite à parler :

– François de Betas a évoqué les exploits de mon époux, il n’a pas parlé de l’homme qu’il était dans son particulier. Nous ne nous connaissions pas avant les épousailles et cependant, l’amour entre nous est né très vite. Je ne saurai dire avec quelle douceur, quelle délicatesse il a su me séduire, m’enchanter…

Le procureur s’impatiente sous sa peau d’ours :

– Mais l’amour Madame, enfin, le Maréchal n’aime-t-il que vous ?

– Oui certes ! Il m’a donné un gage d’amour sans fin quand il a créé en 1399 l’ordre de la Dame blanche à l’écu vert.

– Comment ça ?

– Parce que en s’engageant à défendre les femmes en danger, il met ses armes à mon service. Toutes celles qu’il sauve sont moi, sous une autre personne. […] Ainsi, quand le Maréchal secoure une femme, toutes peuvent compter sur lui, et il m’offre cette lutte, ses exploits, à moi, la première des femmes de son cœur. Sa devise est : ‟Ce que vous voudrez”. Y a-t-il plus courtois ?

Antoinette pousse un petit cri et serre fortement ses cuisses sur la main du troubadour. Au même moment, Jean II Le Meingre dit Boucicaut, Maréchal de France, pose sa plume après avoir écrit un dernier poème pour son épouse :

O noble chose est que l’amour qui bien en sçait user, quoy que à tort aulcun le blasme ! Car si mal en prend à ceulx qui a droit n’en scavent user, ce n’est pas la coulpe d’amour ; car en soi il est bon.

Puis il se couche sur la paille de sa prison du Yorkshire pour ne plus se relever. Fin juin (1421), après une longue lutte, le chevalier de la Dame blanche à l’écu vert rendit son âme à Dieu. Aux Baux de Provence, le verdict de la cour de fin’amor lui avait été favorable.

(Extrait de mon livre L’ombre du désir aux éditions Itinéraires.)

Chevalier de Fréminville, officier, paléologue et travesti.

Les aventures du chevalier de Fréminville

Le 06/08/2022

Les aventures du chevalier de Fréminville, marin savant et travesti

Pour ceux qui n’auraient pas encore lu le livre en voici un extrait :

« Notre capitaine décide de rallier Cherbourg. Mais la route est longue et on ne peut porter que les basses voiles. Il fait presque nuit quand nous arrivons dans l’ouest de Cherbourg. Il faut embouquer la passe de Querqueville sans trop s’approcher de la côte.

Je suis sur le point de me coucher, épuisé, quand la cloche appelle tout le monde sur le pont. Je me précipite sur l’échelle pour gagner la batterie et de là le panneau de l’arrière quand, dans un coup de roulis terrible, la frégate se couche sur tribord. Les boulets sortent de leurs parcs et roulent avec fracas sur le pont. Je suis sur l’échelle. Elle sort de ses taquets et me frappe violemment sur les côtes. Je me raccroche de justesse au surbau du panneau au-dessus de ma tête. Ainsi pendu dans le vide, une douleur intense me déchire la poitrine. Un canonnier m’a vu. Il me tire par les bras de ma situation critique. Le navire s’est enfin redressé. Je me traîne sur le tillac en crachant du sang.

Dans une demi-obscurité, la tempête mène une bacchanale ahurissante. Des murs d’eau noire sillonnés d’écume sale, menacent de s’effondrer sur nous. Le vent arrache littéralement le sommet des vagues et nous arrose en permanence d’une douche glacée. Les nuages noirs sont frangés de lueurs de sang et la lune apparaît par instant, phare blafard jetant son linceul sur le navire et la mer. L’idée de la mort m’assaille et bizarrement, je n’ai pas peur. La douleur qui se manifeste à chaque mouvement que je fais, à chaque choc que le navire m’inflige, me signifie que je suis encore vivant. Je ne vais pas mourir. Je m’accroche à un canon pour ne pas être emporté par les masses d’eau qui balayent le pont.

Le vent nous pousse à la côte, il faut virer de bord, remettre de la toile. Le grand hunier déferlé, se déchire et claque comme un fouet. Le commandant Laignel jambes écartées, porte-voix à la main, parfaitement calme, ordonne de larguer le petit hunier. Les gabiers hésitent à monter sur la vergue. Un élève de seconde classe, Monsieur Heuverard montre l’exemple et s’élance le premier. La voile est établie et bordée. Elle tient bon. La frégate abat enfin et vient vent arrière. Nous regagnons le large. Je voudrais me coucher mais le poste est bouleversé, inondé, mon hamac trempé. Je me rencogne entre deux couples, secoué de quintes de toux douloureuses. Je ne dormirai pas. »

Le tabou du neuf, sévit partout, la nouveauté fait peur.

Le tabou du neuf

Le 16/07/2022

Le tabou, interdiction sociale sans fondement apparent, nous vient du fond des âges. Il persiste encore dans nos sociétés sous des formes évoluées.

« Le primitif met un tabou là où il redoute un danger. Ce danger est, d’une façon générale, un danger psychique […] il ne distingue pas le danger matériel du danger psychique  ni le réel de l’imaginaire. Dans sa conception animiste et logique du monde, tout danger prend sa source dans le dessein hostile d’un être animé qui lui ressemble, qu’il s’agisse d’un danger menaçant provenant d’une force naturelle ou de celui provenant de choses, d’hommes ou d’animaux. […] Les dangers dont se croit menacé l’anxieux, ne répondent jamais si fort à son attente qu’au début de la situation dangereuse, et c’est alors seulement, qu’il convient de s’en protéger. » (Freud)

C’est le tabou du neuf, de ce qui n’a encore jamais servi. La virginité chez les femmes en est l’exemple le plus cruel. Les ponts aussi. Il faut qu’une autorité supérieure les franchisse d’abord (le pontife responsable du pont sacré à Rome) pour écarter le mauvais sort qui pourrait frapper celui qui ose passer le premier sans cérémonie (ou sans évoquer les Dieux à qui on doit tout, y compris les ponts). La pose de la première pierre aussi (un notable chasse le mauvais sort à coup de truelle). Ce qui n’a jamais servi doit donc être inauguré, béni ou baptisé (les navires au lancement) avant d’être sacrifié à l’usage commun. Ainsi honoré, le produit neuf se laissera faire sans dommage. Je n’ose évoquer la bénédiction nuptiale qui est d’un tout autre ordre.

Un équipement pourrait se venger sans pitié en cas d’outrage (on a l’exemple du Titanic qui coule lors de sa traversée inaugurale, sans doute pour punir le constructeur qui le prétendait insubmersible). Moins grave est l’angoisse pour une femme, de paraître sur la plage dans un maillot neuf à la dernière mode. Il faut transgresser le tabou qui interdit de montrer ses fesses.

Le tabou du neuf se manifeste de multiples manières. On peut laisser la boîte d’un meuble IKEA dans un coin sans l’ouvrir, plusieurs semaines, pour faire baisser le stress du montage, comme si celui-ci était enfermé dans l’emballage et s’évaporait progressivement. Le tabou de la robe de mariée que le futur époux ne doit pas voir avant la cérémonie, sous peine d’un mariage raté. La voiture neuve que le vendeur dévoile devant vous en enlevant sa housse : tada ! C’est comme si vous étiez le premier à la voir nue, tabou pour les autres, cadeau pour vous seul…

Le tabou du neuf s’est maintenu malgré la civilisation. Sa signification première est identique à celle des coutumes taboues qui sont observées encore aujourd’hui chez les primitifs. « Nous oublions trop facilement que ces peuples eux aussi, vivent dans une civilisation très éloignée des temps archaïques. Une civilisation aussi vieille dans le temps que la nôtre, et qui correspond elle aussi à un stade de développement avancé, quoique différent du nôtre » (Freud). L’homme craindra toujours l’imprévisible, et même si on ne prête plus une âme à l’échelle, on évitera de passer dessous.

Visite guidée de l'enfer, dantesque parc d'attractions.

L'enfer

Le 16/06/2022

Cette nuit j’ai reçu un message venant des profondeurs du sommeil. Je ne sais comment le Diable a trouvé l’adresse de mes rêves. C’est vrai qu’aujourd’hui on peut difficilement protéger ses données personnelles. Je n’ai pourtant pas fait dernièrement, d’achat sur l’Enfernet. Un représentant des Établissements infernaux m’a contacté (avec un fort accent étranger). Il s’est présenté : Iblîs (Je pense qu’il appelle du Magreb).

– Vous avez récemment effectué un voyage au ciel, n’est-ce pas ?

– Oui.

– J’espère que vous en êtes satisfait. Nous vous offrons maintenant, gratuitement, une excursion en enfer qui sera, nous l’espérons, bien plus excitante et chaleureuse que votre visite du ciel. Tout est compris, les protections thermiques nécessaires, les masques à adduction d’air réfrigéré, les bas de contention, le paracétamol, etc…

– Ça ne m’intéresse pas.

– Vous avez dit oui, ce message est enregistré…

Je n’ai pas le temps de me réveiller, je suis plongé dans un noir absolu. Je cherche à regarder l’heure sur le radioréveil (mon repère la nuit quand je me lève). Il a disparu. Lentement mes yeux s’accoutument à l’obscurité. Je distingue enfin une enseigne lumineuse verdâtre au-dessus d’une porte monumentale. Je lis : « Vous qui entrez, abandonnez toute espérance ». Je m’attends donc à visiter un parc d’attractions dantesque, quelle idée géniale ! Une foule énorme est canalisée vers l’intérieur par des vigiles habillés de noir et armés de fourches. Je ne sais comment mais je passe au travers sans dommage. Sur une petite porte, à côté du portail géant, est indiqué : VIP (Vraiment Important Pellerin). Une hôtesse habillée en sorcière de carnaval m’invite à entrer. Je prends conscience d’être en pyjama. Est-ce une tenue convenable pour visiter l’enfer ? En tout cas ce n’est pas payant !

J’entre. Une signalétique lumineuse indique les différents accès aux cercles de l’enfer. Les visiteurs sont invités à se rendre d’abord dans les stands de présentation pour faire leur choix et sans doute, payer les suppléments nécessaires pour accéder aux différentes attractions. J’ai pris un audioguide à l’entrée :

« Vous avez accès à tout. » Me dit la petite boite noire. « Pour commencer la visite appuyez sur le bouton rouge. » J’appuie. Me voilà propulsé sur une sorte de pont entièrement en verre qui passe au-dessus d’une énorme cavité circulaire. Elle s’enfonce en se rétrécissant étage par étage (j’en compte neuf), jusqu’à des profondeurs rougeoyantes d’où giclent parfois des jets de lave mêlés de silhouettes humaines noires désarticulées.

Le spectacle est véritablement dantesque, cascades de feu, rivières de lave incandescente, tourbillons de fumées noires. Une odeur épouvantable de chairs brûlées et de décomposition, portée par un vent suffocant, arrive à mes narines dans un bacchanal terrible de hurlements, craquements, explosions, sifflements… C’est insupportable. Je consulte l’audioguide pour changer de position : « Pour voir le châtiment des luxurieux, taper un. » Ça peut m’intéresser, je tape un.

Je me trouve transporté dans une plaine aride balayé par un vent glacial baigné dans une lumière de tombeau. Des femmes et des hommes nus se tordent de douleur, torturés par des démons ailés noirs. Les uns sont cloués au sol par des piquets, pendant que des diables les tenaillent avec des outils de fer rouillés, d’autres, pendus par le sexe, accrochés par les seins ou embrochés par les yeux sur des arbres épineux, hurlent pendant que les diables fouillent leur corps de leur phallus, semblable à une dague chauffée au rouge. J’en ai assez vu. Je tape deux. L’audioguide m’indique qu’il s’agit du châtiment des ivrognes.

Dans un tonneau (en axe horizontal) qu’un diable fait tourner à l’aide d’une manivelle, des hommes et des femmes sont précipités les uns sur les autres parmi des bouteilles cassées. Le sang déborde de la tonne en continu. Je ne trouve pas ça très original. Je passe au trois. Sur un plateau rocheux, des êtres décharnés sont torturé par une armée de serpents, de crapauds et de dragons dont la bave laisse des traces sanglantes sur leur peau. C’est le châtiment des médisants, la bave des crapauds...

Je touche le numéro quatre en tremblant. Je me retrouve au milieu d’un chaos de blocs de granit. Des hommes et des femmes, décharnés, les os brisés saillants, la chair à vif, poussent des rochers les uns contre les autres. Ils s’écrasent mutuellement, se mordent et se déchirent sans même l’intervention des démons. Ce sont les coléreux, les vindicatifs, les avares, les prodigues qui purgent leur peine. Le dégoût me gagne. Est-ce vraiment un parc d’attractions ? Mais la curiosité est la plus forte. Je presse le bouton numéro cinq.

Dans un champ labouré, les damnés rampent comme des serpents. Ils mangent de la terre, ce sont les voleurs. Je côtoie un vide abyssal peuplé de lueurs rouges et d’êtres ailés gigantesques qui s’affrontent. Pour sortir de là au plus vite je tape six. Sur une espèce de terrasse battu par un vent brûlant, je vois passer une troménie d’hommes et de femmes en chemise, qui tiennent par les cheveux leur tête coupé à la main, comme une lanterne. L’audioguide indique que ce sont les semeurs de discorde. La petite boîte noire m’indique : « Si vous avez trop chaud, tapez sept pour visitez l’enfer froid, le Yen Ifern des Bretons. »

Je tape sept. Je me retrouve devant un lac dont la surface paraît de verre. Je distingue des points noirs sur la glace, à perte de vue. Je m’approche en grelottant (mon pyjama n’est pas molletonné). Chaque point est une tête vivante, immobile, violacée, la bouche ouverte remplie de glace. Seuls les yeux bougent un peu, exorbités, gros et blancs comme des œufs durs. C’est le châtiment des traîtres.

J’interroge l’audioguide. Le huit et le neuf sont situés tout au fond du cirque infernal. Là où règnent des températures extrêmes. Les pires pécheurs y brûlent sans jamais se consumer dans la lave et le métal en fusion. Ce sont les simoniaques, les concussionnaires, les pervers narcissiques, les assassins, les blasphémateurs, les endurcis dans la pratique des sept péchés capitaux (l’avarice, la paresse, la gourmandise, la colère, la luxure, l’envie et l’orgueil).

Mais j’en ai assez. Roti, surgelé, boucané, je zappe le huit et le neuf. J’appuie frénétiquement sur la flèche verte pour la sortie. L’audioguide me rappelle à l’ordre : « Vous aurez toutes les protections nécessaires pour assister aux supplices des cercles huit et neuf. Ne ratez pas ce spectacle inouï, il est payant mais ça en vaut la peine… » Je hurle : « Non ! Je veux sortir d’ici ! » L’audioguide répond : « La sortie n’existe pas. » 

Je cherche pourtant à m’évader. Par un escalier inégal, j’entre dans un souterrain. Une odeur insupportable d’excréments règne dans l’étroit boyau. Des tonneaux pleins de merde sont alignés à perte de vue, la tête d’un homme dépasse de chacun. Un diable ailé passe à toute vitesse une faux au ras des tonneaux. Les damnés sont obligés de rentrer la tête dans le bren à chaque passage. Quel péché a pu conduire ces hommes à un tel supplice ? Je me souviens que mon père m’a déjà raconté ce rêve. Serait-il héréditaire ? En réalité, il est inspiré du châtiment décrit dans la Divine Comédie de Dante au chant XXII de l’Enfer. Mais au lieu de merde, c’est dans la poix bouillante que plongent les damnés.

Je me suis réveillé avec la ferme volonté de ne plus pécher et de faire pénitence. Ça me rappelle le confessionnal de mon enfance, quand l’enfer existait encore.

Cet article s’inspire de mon livre Morvan lez Breizh roi des Bretons éditions Yoran Embanner. 

      

Voyage dans le ciel de la Cabale avec les anges , Miraj.

Mon Miraj

Le 21/05/2022

La nuit dernière je suis monté au ciel, après avoir découvert le voyage nocturne de Mahomet, le Miraj. Je connais le chemin car j’ai longtemps vécu au Baradozic (le petit paradis). Un garde-républicain en grande tenue me portait sur son dos. J’étais un peu gêné par la poignée de son sabre qui me rentrait dans les fesses mais le militaire ne voulait pas se séparer de son arme.

Nous franchissons d’abord une porte monumentale gardée par des anges bleus. Un désert de graviers blancs éblouissant nous sépare d’un palais merveilleux, orné de toutes parts de statues, d’incrustations de pierres semi-précieuses, de pilastres et de colonnes doriques, ioniques ou corinthiennes. Des coupoles couvertes de zinc noir et d’or brillent au soleil, quatre minarets de marbre s’élancent vers le ciel et des dômes ornés de céramiques multicolores, ajoutent une fraîche fantaisie dans tout ce luxe architectural. Devant une large porte de cristal, le garde me dépose sur le tapis rouge qui couvre les marches. Il n’a pas le droit d’aller plus loin. La porte coulisse silencieusement. J’entre hardiment.

Un ange aux ailes noires avec une queue de pie, le poitrail barré par une chaine d’or, me demande ce que je veux en s’inclinant. Je dis que je souhaite voir le chef de la hiérarchie humaine. C’est légitime me répond-il. Je vais vous annoncer à GABRIEL. Il me fait entrer dans une sorte de boîte et l’instant d’après, je me trouve devant une porte monumentale qui s’ouvre à deux battants.

Je me trouve devant l’ange GABRIEL. Il est assis sur un trône qui représente la lune. Ses ailes étendues sont l’une de lumière, l’autre d’ombre rougeâtre comme les pattes des paons. Il tient un smartphone dans une main, une lampe-torche dans l’autre. Derrière lui se déroule comme un film, les images apocalyptiques de la destruction de Sodome et Gomorrhe. Il me dit :

– Je sais que tu veux chasser le mal du monde sublunaire. Ce n’est pas ma mission, je ne peux qu’annoncer la parole de Dieu. Va voir l’archange MIKAËL, le prince des anges t’aidera peut-être.

Je suis transporté aussitôt sur une planète étrange où les pierres flottent sur l’eau, je comprends qu’il s’agit de Mercure. La chaleur est suffocante. Apparaît alors l’archange gigantesque. Il porte une lance, une cuirasse et des cnémides dorées. Il me dit :

– Je ne peux rien pour toi, tes intentions sont bonnes mais je ne commande qu’aux anges. Je chasse SATAN du ciel, c’est aux hommes de lutter contre lui sur la terre. Va voir HANIEL chef des Principautés, il a pouvoir de commandement. Sa force peut t’aider.

Après un court voyage dans les nuées je rencontre HANIEL. Je le reconnais à son allure martiale. Un diadème de plumes multicolore couronne sa tête et son buste est paré d’un pare-flèche cousu de laine rouge. Autour de lui des femmes sublimes, comme venues de Vénus, sortent de la mer, nues, seulement parées de leurs abondantes chevelures rousses. Il me dit :

– Tu n’obtiendras rien ici. Je commande à la troisième sphère qui n’est chargée que du courrier de Dieu. Il te faut remonter dans la hiérarchie des anges pour trouver plus de pouvoir. Veux-tu affronter la deuxième sphère ?

Je n’ai pas le temps de répondre que je me trouve dans une vaste salle violemment illuminée. Un ange est assis sur un trône de bois sculpté. Mais la lumière est si intense que je ne distingue pas son visage. Ses pieds reposent sur une planche à clous de fakir. Ses bras s’appuient sur les accoudoirs du siège. Il tient dans sa main gauche un livre et dans sa main droite une seringue. Il me dit :

– Je suis RAPHAËL. Mon symbole est le soleil et j’inspire les Vertus. Ainsi chacun sait ce qu’il devrait faire et que pourtant il ne fait pas. Toi par exemple que fais-tu au ciel ? As-tu les vertus ardentes nécessaires ? Le courage et la force pour les exercer ? Vas voir CAMAËL, il te dira peut-être comment les trouver.

J’ai compris qu’il est inutile de répondre. Je me retrouve sur Mars, assis sur le rover Curiosity. Les vallonnements rouges qui m’entourent évoquent le sang des guerriers, les bouleversements de la guerre, les destructions aveugles. CAMAËL me survole. Ses ailes de feu avec un flap flap d’hélicoptère, agitent des globules de fumées noires venues de combats invisibles et silencieux. Il me dit :

– Je suis les Puissances. Ainsi se nomment les nations souveraines qui font valoir leurs intérêts, qu’elles croient vitaux, par la guerre. Je n’ai le pouvoir que de tuer et de détruire, sans jamais faire gagner l’un ou l’autre des belligérants. Tous sont vaincus car la mort est leur plus petit commun multiple (PPCM). Vas plutôt voir ZADKIEL.

Une porte circulaire genre coffre-fort de banque s’ouvre lentement. J’entre dans une tour dont je ne vois pas le sommet tant elle est haute. Un escalier à vis tourne à gauche. Je monte jusqu’à l’épuisement. Au sommet je regarde autour de moi. Je ne comprends pas tout de suite. Un visage de femme me fait face. Elle est aussi grande que la tour. Casquée, cuirassée, l’épée au côté. D’une voix exagérément  grave (à cause de sa taille sans doute) elle me dit :

– Je suis ZADKIEL, Dominations et Seigneuries. Jupiter est mon fils. Je sais ce que tu veux mais ça ne m’intéresse pas. Je suis au-dessus de ces basses préoccupations du bien et du mal. Tu as fait le tour de la deuxième sphère. Si tu veux accéder à la première, prépare-toi à souffrir. Et pour voir Dieu, il faut mourir.

La peur me saisit. Dans le noir, je vois tourner d’immenses roues embrasées (elles sont si grandes que je ne peux les voir en entier). Des yeux sur la jante me regardent au passage. Leur regard fixe de serpent me terrifie. Une voix de tonnerre s’écrie :

– Je suis ZAPHKIEL de la première sphère, je porte le trône de Dieu. Saturne mon incarnation, dévore ses enfants.

 Je tente de fuir mais je cours sur place sans avancer. Tout à coup je suis environné d’anges portant quatre ailes bleues. Ils babillent dans un langage incompréhensible parlant d’étoiles fixes, de supernovas, de rayonnement électromagnétique, de hadrons, bosons, neutrinos, parfois étranges ou chargés de beauté. Ils chantent : Nous sommes les chérubins porteurs de science, JOPHIEL est notre maître. Je reconnais les anges qui se font face sur le propitiatoire en or, qui couvre l’Arche d’alliance.

La chaleur devient brûlure intense, des anges portant six ailes rouges, deux pour se voiler les yeux devant Dieu, deux pour voler et deux pour cacher leur intimité, envahissent le ciel qui prend une couleur de braises incandescentes. Ils sont au plus près de Dieu, ceux qui brûlent, les séraphins. MACRON le recteur des anges, le prince de la Face, règne sur eux.

Je me réveille affolé. Macron, que vient-il faire dans ce cauchemar ? Lapsus freudien, rêve révélateur. Le prince de la face, le recteur des anges ce n’est pas lui, c’est MÉTATRON, l’archange le plus proche de Dieu. J’ai eu chaud.

Non au plastique, mais sauver sa vie d'abord, Non à la guerre

Non au plastique

Le 03/05/2022

        À la une du Télégramme du 22 avril 2022, une photo titrée « Marioupol, la chute ». On y voit une femme plutôt jeune, tirant un caddie où sont ficelés plusieurs sacs. Elle est chaudement vêtue, porte des chaussures de marche en bon état et un sac-à-dos. Elle tient à la main, un sac en toile où il est écrit : « No to plastic » et « Stop au plastique ». Le sol est jonché de débris, de tôles tordues, derrière elle on peut voir un abribus défoncé et des immeubles éventrés et noircis à perte de vue.
        Elle regarde en arrière avec un rictus douloureux, comme si elle attendait quelqu’un, (sans doute un enfant car elle baisse un peu la tête) ou jette un dernier regard sur son passé en ruine. Personne d’autre sur la photo sauf au loin, un secouriste peut-être, vêtu de blanc et de rouge. La femme a pris l’essentiel de ses affaires et s’est préparée à l’exode. À passer des nuits dehors. À survivre sur ses propres ressources pendant plusieurs jours. Le sac de la femme porte, curieusement en français et en anglais, une injonction contre le plastique. Peut-être songe-t-elle maintenant, à sauver sa vie. D’abord.
       La guerre ! À la télévision ! Des morts partout, suppliciés, des ruines, comme à Brest à la libération et des massacres perpétrés par les troupes en retraite (Gouesnou, Plouvien…) La civilisation n’a-t-elle donc fait aucun progrès en 80 ans ? La guerre des images (manipulées ou non) fait rage. J’ai pensé au début, qu’elles pourraient enrayer le conflit et qu’une protestation générale pourrait entrainer un armistice. Mais la télévision et le cinéma ont tellement banalisé les images d’horreur et de crime, que le public blasé, anesthésié en quelque sorte, ne réagit que par une compassion humanitaire, insuffisante pour arrêter les hostilités. Et l’opinion russe, qui pourrait faire cesser la guerre, assommée par la propagande, ne réagit pas efficacement.  
        Wladimir Poutine pense sans doute comme le héros de Michel Houellebecq dans anéantir : « Une guerre est le moyen le plus sûr de ressouder une nation, et d’améliorer la popularité du chef de l’État. » Cynisme absolu mais très répandu !

       Lénine écrivait en 1902 : Que faire ? Un livre sur la stratégie à adopter pour asseoir le pouvoir communiste en Russie. Il a mis 15 ans et une guerre mondiale pour y parvenir. Cent ans après, nous en subissons encore les terrifiantes conséquences. On ne se débarrassera jamais de la guerre, peut-être du plastique ?