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Le 25/08/2024
« …
– Il paraît que Céleste 29 est enceinte.
– Je l’ai vu aussi sur Sicretbook, j’y crois pas !
– Comment a-t-elle fait ça ?
– Violette-Rose prétend qu’elle a eu un rapport sexuel avec un homme !
– Avec un homme ? Comment est-ce possible mais c’est dégoûtant, nous ne sommes pas des animaux tout de même.
– Il faut croire que certaines ne le savent pas. Un accouplement, comme au zoo, incroyable ! J’en ai vu un une fois, malgré la censure, les écrans n’avaient pas occulté la scène je ne sais pourquoi. Entre des chevaux, tu ne peux pas imaginer. Et ils font ça en toute innocence. Pense un peu, avec tous les vices humains ce que ça peut être ! J’en ai pas dormi de plusieurs nuits. Les rapports virtuels c’est plus hygiénique… »
À dix ans, j’avais lu tous les livres de science-fiction de la bibliothèque de mon quartier. Je reviens à ma première passion avec ce roman d’anticipation.
La France est sous l’emprise d’un gouvernement totalitaire religieux, imposant par la haine un strict apartheid hommes-femmes. Les relations sexuelles sont virtuelles et les bébés se fabriquent en usine.
À bout de souffle, le système s’effondre dans une révolution culturelle, doublée d’une guerre civile entre le pouvoir central et les régions. Un scientifique candide et une femme mystérieuse s’aiment et se détruisent, dans le chaos des conflits et de la civilisation technologique qui se délite. Reste l’espoir d’une vie où l’homme et la femme se retrouveront en couple et feront des enfants naturellement.
Livre en vente dans toutes les librairies, sur le site de l'éditeur CHAPITRE.COM et en ligne.

Le 26/07/2024
Snob
Encore une espèce en voie de disparition. Qui peut-on encore qualifier de snob ? Très en vogue dans les années glorieuses (les trente) le snob a muté comme un virus. On le remplacerait aujourd’hui par le bobo (bourgeois bohème) mais ce n’est pas du tout la même chose.
Le snob est un individu qui méprise ses concitoyens. Esclave de la mode, il se vêt plus chic qu’eux mais sans originalité, il parle avec affectation mais sans culture particulière. Il se nomme Jean-Philippe et elle répond au doux nom de Marie-Chantal (alors que leurs vrais prénoms sont Albert et Marguerite). Le snob n’est pas riche mais veut le paraître. Il ne lui viendrait pas à l’idée de prendre le travail d’un ouvrier pour gagner de l’argent. Le snob maladroit ou stupide, risée des snobs authentiques, est traité de snobinard.
L’appellation “snob” vient des registres d’inscription des universités britanniques ou en face du nom était inscrit le titre de noblesse ou en absence de celui-ci sine nobilitate, sans noblesse, en abrégé snob. Dans ces prestigieuses universités Cambridge, Eton et autres, les snobs étaient bien obligés pour paraître à la hauteur de leurs condisciples, d’en rajouter en tenue et distinction, au risque de trop en faire.
Le snob n’a pas disparu à cause du changement climatique, il a évolué vers la simplicité apparente. Pourquoi ? Mark Zuckerberg (Facebook) s’habille pareil tous les jours : t-shirt, jeans délavés, baskets. Pour ne pas se casser la tête à choisir une tenue dit-il. S’il y a du soleil, il coiffe une casquette tout à fait banale à 400 euros (je ne parle pas du prix des godasses). Jensen Huang (moins connu que le précédent mais patron de Nvidia pesant 2 600 milliards de dollars) ne quitte son blouson de cuir noir que pour se mettre au lit. Faire simple comme le commun, seuls les happy few savent la préciosité de la vêture. Le snob était égoïste, le bobo est altruiste de parade.
Faire simple, envolée la cravate, exit le gilet, vive la doudoune ! Le 16 juin 2024 on a pu voir Gérald Darmanin, col ouvert sur son banc à l’assemblée. Il s’explique : « Ce bout de tissu est devenu, pour beaucoup de Français, le symbole d’une élite à laquelle ils ne s’identifient plus au point, parfois, de la haïr.» Il garde la chemise blanche immaculée, devenue la marque de l’intello ou d’une lessive particulièrement efficace.
On voit des hommes plus puissants que des chefs d’état, paraître aux yeux du monde à la télé en jean et polo, ou en sweat à capuche pour les sorties incognito. Le riche, le puissant veut faire peuple. À porter de la vraie fourrure on risque de se faire agresser dans la rue. Le snob affichait son mépris, aujourd’hui ce ne serait plus toléré. L’ensauvagement général ne supporte pas l’offense du riche au pauvre, pas plus qu’une élégance ou une beauté trop éclatante. Si vous êtes trop belle mettez-vous un anneau dans le nez, autrefois symbole de soumission ou d’esclavage (l’épingle à nourrice des punks est passée de mode).
Les bobos auraient trouvé la solution, montrer qu’on est riche sans ostentation, vertueusement. Rouler dans une voiture de deux tonnes cinq mais hybride (qu’on prétend laisser au garage pour préférer le vélo électrique), se nourrir de produits hors de prix mais vertueux, bio, voire végan, achetées au marché ou directement chez le paysan (locavores), porter des vêtements informes ou déchirés intentionnellement, ne plus prendre l’avion si on peut prendre le train (bof !), ne pas partir au-delà des antipodes pour les vacances, etc. L’ancêtre du bobo est le zazou des années quarante qui s’inspirait des snobs anglais.
Le snob est de droite, le bobo de gauche. Le problème aujourd’hui c’est qu’on ne sait plus distinguer la droite de la gauche. Ça va devenir dangereux sur les routes ! Ça l’est déjà en politique.

Le 04/07/2024
Encore une fois
Dans le flot de paroles suscité par la campagne électorale des législatives anticipées, apparait un tic de langage chez les journalistes et les hommes politiques. Ils usent et abusent de la formule : « encore une fois ». Ils répètent une nouvelle fois quelque chose qu’ils viennent de dire. Ils récitent les éléments de langage dont ils n’ont pas le droit de sortir.
On sait que pour enseigner efficacement il faut répéter mainte et mainte fois la même chose, pour que ça rentre bien dans le crâne des élèves mais ici à la télé, à la radio, est-ce bien nécessaire ? Les orateurs plus ou moins talentueux devraient au moins respecter ceux qui les écoutent. Une fois clairement énoncé une idée, il faut la situer dans le roman national, s’élever au-dessus des lieux communs, en tirer les conséquences, séduire l’auditeur, bref il faut plaire, intéresser et non pas ennuyer, voire exaspérer.
Pourquoi enfoncer le clou encore une fois ? On pourrait croire que le parleur (beau ou pas) n’a pas assez d’idées pour combler son temps de parole et se trouve contraint de répéter ce qu’il a dit encore une fois. Mais si c’est le journaliste qui pose la même question pour la énième fois, on peut en effet s’attendre à la même réponse, qui souvent n’en est pas une. Comme disait Georges Marchais, communiste à l’ancienne : « Vous venez avec vos questions, je viens avec mes réponses ».
Finies les envolées lyriques, les citations littéraires, les références historiques. C’est tout juste si nous avons le droit à quelques saillies ou petites phrases, mûrement improvisées, qui feront encore une fois les titres des médias. Les sujets gravissimes comme les guerres, les famines, l’armement nucléaire, la montée des régimes illibéraux … (« J’en passe et des meilleurs » Hernani de Victor Hugo) ne provoquent encore une fois que de brèves allusions. Le débat n’est pas là. Il n’est pas sensé intéresser les Français (des veaux selon De Gaulle) qui pensent d’abord pouvoir d’achat.
Alors encore une fois on crie, on s’invective même si on est, en fin de compte, du même avis. Ou que l’on sait qu’il est vain de débattre, puisque finalement, les élus n’auront pas le pouvoir de changer en mieux les choses importantes. Tout au plus, nous espérons qu’ils ne vont pas faire empirer la situation.
Jaurès reviens, ils sont devenus fous !

Le 29/05/2024
Une fleur
Promenade acrobatique au bois de Keroual dévasté par la tempête Ciarán. Des arbres brisés, arrachés, barrent les sentiers qui n’ont pas encore été dégagés. Nous passons dessous en courbant l’échine ou dessus en levant la jambe. Ce n'est plus de notre âge où la rigidité a pris le pas sur l’agilité.
À l’issue d’un chemin encombré nous rencontrons un jeune couple accompagné d’une petite fille d’environ quatre ans, jolie brunette aux cheveux courts. Nous les avertissons que la progression est difficile et que la gamine aura peut-être du mal à passer. La conversation s’engage. La petite est très dégourdie, ça ira… C’est curieux comme on peut sympathiser avec des gens que l’on ne connait pas (peut-être justement pour ça). Ils sont jeunes, beaux et ne professent pas d’idées à la mode (pas devant nous en tout cas, respectueux sans doute de notre décalage idéologique quasi séculaire).
La petite fille cependant s’est un peu éloignée. Elle revient avec une fleur minuscule à la main et l’offre sans dire un mot à ma femme. Stupéfaite elle accepte le présent. Se penchant sur l’enfant :
– Merci, tu es gentille, je vais la garder précieusement. Comment tu t’appelles ?
Elle bredouille quelque chose qu’on ne comprend pas bien. Sa mère précise :
– Juliette.
– C’est joli comme nom.
Nous nous séparons un peu émus. Pourquoi cette petite fille a-t-elle offert une fleur à une dame qu’elle ne connait pas ? On ne sait, ce qui est sûr c’est que son geste était plein d’empathie, désintéressé. Qui sait si à son âge on lui a déjà enseigné ou qu’elle a compris toute seule, qu’une mamie doit être célébrée.
Nous continuons notre promenade. Des cris et des aboiements attirent notre attention. Un jeune homme accompagné de deux femmes élégantes excite un chien. Une espèce de bulldog (une race de chiens dont le museau a été raccourci par des sélections impitoyables ce qui leur permet à peine de respirer). L’homme hurle sur le chien qui ne comprend pas ce qu’on lui veut. Désemparée, la bête fait n’importe quoi et aboie pour montrer qu’elle n’est qu’un chien. Ce qui fait rire les deux femmes devant son désarroi et se rengorger le tyran, qui le tourmente de plus belle à l’aide d’un bâton.
Nous avions cru un instant que le monde était beau comme celui d’une petite fille. Il n’en est rien bien sûr. La stupidité, la méchanceté règnent, quand ce n’est pas la cruauté. Dans le bois mutilé, nous sommes obligés de penser aux guerres…

Le 29/04/2024
Le sacré
Livre de Frédéric Lenoir « L’Odyssée du sacré » (Albin Michel, 500 pages) Résumé
À l’aube de l’humanité, quand il y avait encore des Néanderthaliens (de – 450 000 à – 35 000), les hommes enterraient déjà leurs morts. Les premières traces de rituels funéraires remontent à environ – 100 000 ans. On ne peut pas encore parler de croyances en une vie après la mort pour cette période, les outils, les armes et même des fleurs, déposés près des corps ne sont pas une preuve suffisante. Ce sont peut-être seulement des marques d’attachement au défunt.
Les chasseurs cueilleurs pratiquaient probablement l’animisme et le chamanisme. L’animisme attribue une âme ou un esprit à tous les êtres vivants et aux éléments naturels (eau, feu, rochers, etc.) qui possèderaient une intériorité semblable à celle des humains. Il serait alors possible de communiquer avec eux en pratiquant leur langage, incompréhensible généralement, mais accessible dans un état de conscience modifiée par la transe ou l’extase et l’absorption de drogues. C’est le chamanisme. Le chamane dialogue avec les esprits, il peut posséder un être humain ou un animal ou être lui-même possédé (se transformer en animal par exemple). Les œuvres pariétales seraient liées au chamanisme. La représentation d’animaux et plus rarement d’hommes dans les grottes, serait la première manifestation de croyances magiques. Avec l’animisme, l’homme primitif se considère comme faisant partie intégrante de la nature. Il ne lui est pas supérieur. Tout est sacré, on n’a pas encore inventé de dieux.
Au néolithique, avec l’apparition de l’élevage et de l’agriculture, les humains se sédentarisent, construisent des maisons, se regroupent en villages. La notion de propriété apparaît, induisant richesse et héritage (et hiérarchie sociale) ainsi que le culte des ancêtres. L’homme maîtrise partiellement la nature mais toutes les calamités qui lui tombent sur la tête lui font penser qu’il y a quelque chose au-dessus de lui, qu’il faut vénérer et implorer, en sacrifiant parfois de précieuses têtes de bétail (ou même des humains). Les premiers temples sont édifiés vers – 10 000 ans ainsi que les sites mégalithiques.
La déesse mère première figure divine, apparaît alors comme responsable de la fécondité et de la fertilité. La procréation, considérée comme magique, est due à la femme, on lui associe la fertilité de la terre, la divinité ne peut donc qu’être féminine. Elle est souvent représentée par des statuettes de femmes callipyges.
Avec les progrès des techniques, des surplus apparaissent et font l’objet d’échanges, le commerce s’organise. Certains travaillent quand d’autres s’enrichissent et prennent le pouvoir, parfois au prix de conflits armés (il ne faut pas croire qu’ils inventent la guerre, depuis les premiers âges les hommes trouvent des prétextes pour s’entretuer, les preuves archéologiques abondent). Le mâle devient dominant, il croit avoir compris, en observant les animaux, que c’est son sperme qui donne la vie. La femme n’est plus qu’un réceptacle. La déesse mère ne s’efface pas encore mais un dieu père la domine. Le patriarcat est né.
Les villages deviennent des cités puis des états, enfin des empires. Il devient nécessaire de s’en remettre à des divinités plus puissantes de plus en plus nombreuses et hiérarchisées, pour lesquelles on construit des temples somptueux parfois gigantesques. L’homme crée des dieux à son image parfois associée à des animaux (à quoi d’autre pourraient-ils bien ressembler ?) et à son usage. Le clergé, les professionnels des dieux, s’organise, se hiérarchise et gagne un pouvoir et une richesse immense. Souvent les rois incarnent eux-mêmes le divin.
Entre 800 et 200 avant notre ère le monde connaît le plus grand bouleversement spirituel de son histoire. C’est l’âge axial ou âge pivot (Friedrich Hegel). En Chine, en Inde, en Perse, en Israël, en Occident, religions et philosophies se tournent vers l’individu. L’être humain prend conscience de sa responsabilité vis-à-vis de lui-même et des autres. Son bonheur ici-bas et post mortem ne dépend finalement que de lui. Ce sont les religions du salut encore pratiquées de nos jours. Les monothéismes et les sagesses universalistes sont portés par de grands penseurs et des prophètes, qui enseignent que le salut individuel est lié à l’observance de règles morales.
À la Renaissance se produit une dernière révolution de la religiosité. Le monde moderne se fonde sur l’esprit critique, l’individualisation et la globalisation. L’Occident ose l’émancipation de la raison à l’égard de la foi et celle de l’individu à l’égard de la tradition. L’humanisme pose les premiers fondements de la liberté individuelle. Les Lumières des philosophes vont éclairer le monde occidental et déclencher de multiples révolutions aussi bien laïques que religieuses et scientifiques.
Mais la liberté à un prix, le monde moderne se bricole une spiritualité à la carte. Chacun se constitue des convictions. Le déclin de la religion se paie en difficulté d’être soi. D’où la recherche du bien-être, du développement personnel. « Nous sommes voués à vivre désormais à nu et dans l’angoisse, ce qui nous fut plus ou moins épargné depuis le début de l’aventure humaine par la grâce des dieux » (Marcel Gauchet). Il ne manque pas de solutions réactionnaires à l’asthénie de Dieu : les courants intégristes ou identitaires, conservateurs, sectaires, les philosophies asiatiques, la magie, etc. On peut aussi dialoguer avec les morts grâce au spiritisme, faire appel à un médium, un chiromancien…
Reste à savoir si la religiosité est inscrite dans nos neurones, si l’homo sapiens croit en Dieu parce que c’est dans sa nature. La réponse n’est pas pour demain malgré les progrès de l’imagerie cérébrale. Toute tentative pour comprendre le sens profond du sacré et donc du non rationnel de l’expérience spirituelle, passe par une démarche rationnelle ne serait-ce que pour transmettre les hypothèses émises. C’est une aporie incontournable. Il ne faut pas compter sur le transhumanisme ou l’intelligence artificielle pour y parvenir.
On n’est pas sorti de l’auberge ! (C’est moi qui le dit.)

L'apprentissage des lions, arpète à l'arsenal de Brest
Le 28/03/2024
L'apprentissage des lions, arpète à l'arsenal de Brest
Ce livre est une vision personnelle de l’apprentissage à l’arsenal de Brest, à la Direction des Constructions Navales, de 1958 à 1961. Elle est assez loin de la vision idéalisée que certains ont pu garder de leur jeunesse à l’arsenal et de la glorification habituelle des arpètes. Mais un hommage leur est rendu, ne serait-ce que par la qualification de Lions que certains ont méritée.
Il raconte aussi comment de quinze à dix-huit ans, en apprenant un métier, se bâtit la personnalité, et émergent les talents. Cependant la vie continue, les filles, le vélo…
L’ouvrage s’achève par un historique de l’apprentissage dans les ports militaires et par une réflexion partisane et nostalgique sur le travail manuel et la promotion sociale.

Le 10/03/2024
Voiture électronique
J’ai acheté une voiture neuve. L’électronique de mon SUV vieux de dix ans n’en faisait plus qu’à sa tête et le psychanalyste du garage n’en pouvait mais. Ma dixième voiture (j’ai 62 ans de permis) dite hybride, est plus vertueuse qu’un vieux SUV, selon l’air du temps (mais pèse le même poids bien que beaucoup plus petite).
Passer commande a été un jeu d’enfant. La description du véhicule avec les options tient en deux pages, le reçu une page et les Conditions générales de vente cinq pages (en deux colonnes et caractères microscopiques. Je paraphe et signe. Puis vient la Politique de confidentialité des constructeurs automobile européens, cinq pages toujours en caractères microscopiques, je signe. Comme si cela ne suffisait pas, la Politique de confidentialité propre au constructeur suit, quatre pages seulement, je signe.
Ce n’est pas fini. Il reste les Conditions générales d’utilisation et de vente des services connect one, seize pages sur trois colonnes. Il s’agit, si j’y ai compris quelque chose, de l’utilisation des services de communication informatique installés sur la voiture en usine. Alors là pas de discussion, ça fait partie du contrat d’achat que le client confirme avoir lu et avoir été pleinement informé de toutes les dispositions des présentes conditions. Pour une description détaillée des dits services, il faut aller sur le SITE WEB (lequel ?). Cette fois pas besoin de signer, d’ailleurs vous ne pouvez pas, vous avez les mains liées.
Enfin rassuré sur la confidentialité de mes faits et gestes, il ne me reste plus qu’à attendre un peu pour prendre possession de mon véhicule et éplucher toute cette littérature que j’ai approuvée sans la lire. Un petit paragraphe attire mon attention : « Nous nous réservons le droit d’adapter et/ou de modifier cette politique de confidentialité à tout moment. Nous vous informerons de toute modification substantielle. Des QR codes et des liens permanents sont imprimés dans la notice de votre véhicule pour vous permettre de lire à tout moment les dernières versions de la présente politique de confidentialité. » Par notice du véhicule il faut entendre un fichier de près de 700 pages sur le net où je n’ai vu aucun QR code. Merci à l’Europe, qui déploie au-dessus de nos têtes un parapluie virtuel !
Un joli et sommaire livret d’accueil est livré avec la voiture. Il vous indique comment ouvrir la portière et démarrer, pour le reste allez voir sur Internet. Je crois avoir le véhicule bien en main à présent, après quinze jours de tâtonnements nerveusement pénibles. Je maîtrise enfin le limiteur de vitesse d’une ergonomie aberrante. Et voilà que le témoin de sous-gonflage des pneus s’allume avec une petite musique. Aurais-je crevé ? Non.
Je commence par insulter les capteurs, saleté d’électronique ! Un peu calmé, je vérifie la pression des pneus, ils manquent véritablement d’air (étonnant pour une voiture neuve). Je fais l’appoint. Le voyant de défaut sur le magnifique tableau de bord polychrome numérique reste allumé. Il m’indique que je dois réinitialiser la pression pour qu’il s’éteigne. Il ne me dit pas comment faire. Je cherche, bidouille, fouille dans l’ordinateur de bord, dans la plantureuse notice sur le web. Partout on me dit qu’il faut réinitialiser (comme si c’était une évidence) et nulle part on ne me dit comment. Je cherche aussi sur Google où je trouve toutes sortes de tutos qui ne correspondent pas à la configuration de ma voiture (dite nouvelle).
« Patience et longueur de temps font mieux que force ni que rage ». Après une nuit de repos, je reprends ma quête. Et enfin je trouve la solution tout seul. Il suffit après avoir appuyé sur la petite maison, d’aller dans paramètres, de trouver, véhicule puis sécurité, pour enfin arriver à réinitialisation. Rien que quatre menus successifs à dérouler pour enfin arriver au but. Ne le faites pas en roulant. Après ça, j’ai bien mérité de boire la bouteille de champagne offerte à la réception de la voiture.

Le 22/01/2024
APOCALYPSE
Apocalypse signifie révélation. Il n’est pas possible de représenter le texte attribué à saint Jean (l’aigle de Patmos, voir “Le trésor de Rackham le rouge”) dans une seule image tant le récit est foisonnant, parfois incohérent et toujours symbolique. Le tableau est centré sur les sept trompettes de l’apocalypse qui sonnent la fin du monde.
Les jets rouges, figurent des sons stridents insupportables, tels les rayons d’une roue qui en tournant déstabilise le regard vers les différents épisodes du texte.
Sept anges sonnent de la trompette à l’ouverture des sept sceaux pour annoncer la fin du monde.
Aux angles du tableau les quatre Vivants : un lion rugissant, un taureau en furie, un homme (on le reconnaitra peut-être) portant le chiffre de la Bête sur sa cravate (666) et un aigle qui regarde déchirer les hommes et qui racontera.
Les étoiles représentent les astres du ciel qui s’abattent sur la terre.
L’ange au zénith tenant une épée crie : « Malheur, malheur, malheur aux gens de la terre quand retentira la septième trompette ! La mort par le glaive pour qui doit périr par le glaive. »
L’agneau égorgé assis sur le Livre brise les 7 sceaux. Apparaissent :
Un guerrier qui tient un arc sur un cheval blanc, symbole de la victoire.
Un chevalier sur un cheval rouge armé d’une épée, il bannit la paix de la terre.
Un cavalier sur un cheval noir, il tient une balance, symbole de la famine (les denrées sont rationnées et à un prix exorbitant) la queue de son cheval porte des têtes de serpents.
Un spectre sur un cheval vert tient une faux, il représente la peste.
« Enfin, dans un trou du ciel une faucille d’acier s’est levée, belle et puissante et menaçante. Elle vient pour moissonner les hommes. » C’est la lune.
Une femme s’élève dans le ciel, la tête couronnée de douze étoiles. Gravide. Elle va s’accroupir pour accoucher mais des vagues forcenées émerge un monstre. Un dragon rouge, venu pour dévorer son enfant. Sa queue balaie les étoiles du ciel qui reste noir et vide après son passage. Mais la femme se sauve au désert avec son fils, protégée par des myriades d’anges. La lune est sous ses pieds.
Le dragon disparaît lentement dans la mer, une énorme chaîne en fer lestée d’une ancre attachée à sa patte.
Babylone la prostituée nue, s’appuie sur un monstre, monstrueuse elle-même dans ses actes.
Les ruines sont celle de Babylone (Rome) La Grande, celle qui a abreuvé toutes les nations du vin de la colère.
Sur une montagne s’élève la cité sainte de Jérusalem, elle resplendit de gloire.
Dieu, son trône et les sages qui l’entourent ne sont pas représentés. Ils contemplent le spectacle eschatologique. Aujourd’hui l’horreur est tout autre, en soixante-dix après Jésus-Christ, Jean ne peut imaginer les moyens que nous utilisons aujourd’hui pour supplicier les hommes et potentiellement détruire l’humanité.